|
|
La réforme de retraites revient au devant de la scène au Maroc
Par Siham Ali,
Magharebia
14 juillet 2010
Maroc
La polémique autour de la réforme du système des retraites est à nouveau enclenchée au Maroc. Depuis la proposition faite au mois de juin ayant trait au relèvement de l’âge du départ à la retraite à 62 ans à partir de l’année prochaine pour protéger l’équilibre financier de la caisse, les travailleurs du secteur public et les syndicats ne cessent de faire connaître leur âpre opposition au projet.
Selon Mohamed Hakech de l’Union marocaine du travail, les propositions de la Caisse marocaine des Retraites vont à l’encontre du travail de la commission technique qui se penche sur la réforme des systèmes de retraites.
"Sur quelle base va-t-on appliquer l’âge de retraite à 62 ans pour les fonctionnaires ?", demande-t-il. "La commission technique n’a pas encore rendu sa copie. Il s’agit d’une proposition politique qu’on cherche à nous imposer."
La solvabilité à long terme de la caisse de retraites marocains est mise en péril car le taux des personnes en activité par rapport à celui des retraités est en pleine évolution, en raison du vieillissement de la population.
Selon l’organisation marocaine du travail, en allongeant l'âge légal de la retraite à 62 ans, le gouvernement cherche à puiser davantage dans les poches des fonctionnaires et salariés marocains.
Cette accusation a été rejetée par le ministre de l’Economie et des Finances Salah Eddine Mezouar qui a signalé au Parlement le 29 juin que la commission spécialisée n’a pas encore achevé ses conclusions.
Le ministre a expliqué que le gouvernement s’est engagé à réformer le système des retraites dans les plus brefs délais surtout qu’à partir de 2012, la caisse marocaine de retraite va connaître ses premiers dysfonctionnements. Il a affirmé qu’à partir de Septembre prochain, la commission technique livrera ses principales conclusions.
"On a différentes tendances pour le moment dont le regroupement de toutes les caisses en un seul régime ou la préservation de chaque caisse"; dit-il. "Après le débat qui s’en suivra, l’idée est d’appliquer la réforme à partir de 2011 ou 2012."
La confédération générale des entreprises du Maroc est contre le scénario qui regroupe toutes les caisses en un seul régime.
Abdelaziz Alaoui, vice-président de la commission Emploi et Relations Sociales, dit qu’il est hors de question que le privé paie pour le public. Il a déclaré lors de l’assemblée générale de la CGEM à Casablanca le 24 juin, que la caisse de retraite du secteur privé a besoin de plus de 500 millions de dirhams pour régler ses problèmes à l’horizon 2018.
Pendant ce temps, dans la rue, l'inquiétude augmente.
Samir Bachiri, employé, 42 ans, déclare que l’option de l’augmentation de l’âge est inquiétante. Il indique que les citoyens ont besoin d’être bien informés sur les différentes hypothèses pour comprendre et accepter les décisions qui seront
prises.
"En France, les débats ont été ouverts et publics autour de la réforme du système de retraite et les citoyens ont pu comprendre les enjeux de la réforme", dit-il. "Au Maroc, le flou est maintenu encore".
|
|