|
|
L'Assemblée nationale valide, en commission, la fin de la retraite à 60 ans
Le
Figaro
21 juillet 2010
France
L'Assemblée nationale a validé en commission, mercredi 21 juillet, la mesure phare du projet de loi sur la réforme des retraites, qui recule de 60 à 62 ans l'âge légal de départ en retraite, à l'horizon 2018.
Dans sa réforme (voir les principales mesures), le gouvernement veut porter l'âge légal de départ en retraite à 62 ans en 2018, en l'augmentant chaque année de quatre mois à partir de la génération 1951. Le ministre du travail, Eric Woerth, a catégoriquement exclu toute modification de ce volet du texte : "On a choisi de ne pas aller plus loin que 62 ans mais d'aller plus vite" dans le temps, a-t-il lancé en commission, selon une députée de gauche.
PASSAGE PROGRESSIF DE 65 À 67 ANS |
Pierre angulaire de la réforme, c'est aussi la mesure la plus contestée par les syndicats (à l'exception de la CFE-CGC) et la gauche. L'âge légal de départ en retraite est fixé à 60 ans depuis 1983. Il avait alors été abaissé de cinq ans lors du premier septennat du président socialiste François Mitterrand.
Les députés de la majorité ont ensuite approuvé dans la foulée le passage progressif (de 2016 à 2023) de 65 à 67 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein (pension sans décote, quel que soit le nombre d'annuités).
LE PS ET LA "RETRAITE CHOISIE"
Les députés PS ont défendu la garantie d'un départ en retraite à 60 ans pour les carrières longues et/ou pénibles, tout en "favorisant" l'activité au-delà de cet âge, dans le cadre de la "retraite choisie", a déclaré la porte-parole du PS sur la réforme des retraites, Marisol Touraine, à l'issue d'une réunion de la commission des affaires
sociales.
Son homologue de l'UMP, Valérie Rosso-Debord, a ironisé sur la "révolution culturelle" du PS : "Nous sommes satisfaits que la raison l'emporte." "Ils acceptent notre projet de loi", a-t-elle affirmé. Le PCF a par contre dénoncé cette volonté du PS d'un "maintien de l'âge de 60 ans simplement comme un
affichage".
ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES ?
La commission a par ailleurs rejeté un amendement de la députée UMP Chantal Brunel, responsable de l'Observatoire de la parité hommes-femmes, qui avait été adopté la veille en commission des finances contre la volonté du rapporteur UMP et grâce aux voix du PS, du Nouveau Centre et des députés UMP
villepinistes.
Cet amendement visait à maintenir à 65 ans – au lieu de 67 ans – l'âge pour une retraite à taux plein pour les mères d'au moins deux enfants. Les députés PS de la commission des affaires sociales n'ont pas voté en faveur de l'amendement, contrairement à leurs collègues de la commission des finances, selon une source
parlementaire.
Le gouvernement s'est opposé à cette mesure qui, selon lui, "crée une inégalité flagrante et de nombreux problèmes juridiques". Selon l'argumentaire de Mme Brunel, au contraire, "de nombreuses études montrent que la retraite des femmes qui ont un seul enfant ou pas d'enfant du tout est de 25 % supérieure en moyenne à celle des femmes qui ont deux enfants ou plus".
A gauche comme à droite, nombre de voix s'élèvent pour estimer que la réforme du gouvernement va creuser les inégalités hommes-femmes, les femmes étant pénalisées par des interruptions de carrière liées à leur maternité.
|
|