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Related Article: Des centaines de médicaments ne seront plus remboursés (September 25, 2002)
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COUR DES
COMPTES
RAPPORT
ANNUEL AU PARLEMENT SUR LA SECURITE SOCIALE
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
2000 |
2001 |
% |
|
PIB en valeur |
1 416,9 |
1 463,7 |
3,3 |
|
ONDAM voté |
100,4 |
105,9 |
5,3 |
|
ONDAM réalisé |
103,0 |
108,7 |
5,6 |
|
Dépenses vieillesse LFSS |
121,9 |
126,9 |
4,1 |
|
Dépenses famille LFSS |
40,3 |
41,8 |
3,7 |
|
Solde du régime général |
0,7 |
1,1 |
|
|
Déficit assurance maladie du régime général (en droit constaté) |
- 1,6 |
- 2,1 |
|
|
Fonds de réserve pour les retraites |
|
|
|
|
(solde cumulé) |
3,2 |
7,0 |
|
Dépenses dans le champ de la LFSS (en
encaissements-décaissements) (en Md€)
|
|
LFSS 2001 initiale |
LFSS 2001 révisée |
Réalisation 2001 |
Ecart avec LFSS initiale |
|
Total dépenses |
294,7 |
297,7 |
297,6 |
2,9 |
|
dont : |
|
|
|
|
|
– maladie maternité |
117,3 |
120,1 |
120,4 |
3,1 |
|
– accidents du travail |
8,6 |
8,8 |
8,5 |
- 0,1 |
|
– vieillesse |
126,6 |
126,7 |
126,9 |
0,3 |
|
– famille |
42,2 |
42,1 |
41,8 |
- 0,4 |

Les comptes sociaux en 2001
Principaux constats
Les comptes de la Sécurité sociale ont poursuivi en 2001 leur redressement
et sont excédentaires pour la quatrième année consécutive, avec un
solde positif de 1,1 Md€, après 0,7 Md€ en 2000.
Mais ce redressement est fragile pour deux raisons :
• il est essentiellement le résultat de la conjoncture économique, et
notamment de la forte croissance de la masse salariale du secteur privé
(6,3 % en 2001, pour un PIB en progression de 3,3 %) ;
• les dépenses sociales ont connu, en 2001, une forte progression : + 5,6
% pour la maladie, + 4,1 % pour la vieillesse, + 3,7 % pour la famille ;
la progression globale des dépenses dans le champ de la LFSS est de 4,6
%, supérieure à celle du PIB.
Au total, entre 1997 et 2001, la part des dépenses sociales dans le PIB a légèrement
diminué : mais elle connaît une reprise en 2001 (20,3 %, contre 20,1 %
en 2000). Le poids des prélèvements obligatoires sociaux passe de 20,5 %
à 21,7 % de la richesse nationale. Ces deux résultats sont en
contradiction avec les objectifs majeurs de la programmation pluriannuelle
des finances publiques : baisse du poids des dépenses publiques et des prélèvements
obligatoires dans le PIB.
La forte dynamique des dépenses d’assurance maladie a conduit, une
nouvelle fois, à un dépassement de l’ONDAM. Votée par le Parlement à
105,9 Md€, la dépense s’élève à 108,7 Md€ en exécution, soit un
dépassement de 2,8 Md€. L’ONDAM a été systématiquement dépassé
chaque année depuis 1998 et le dépassement cumulé sur quatre ans est
proche de 9 Md€. Le dépassement de 2001 est le plus important depuis
l’origine. La contradiction est donc de plus en plus forte entre le
volontarisme dans la fixation des objectifs et l’incapacité à mettre
en œuvre des dispositifs de régulation. Les systèmes de maîtrise à
court terme n’ont pas fonctionné et les conditions d’une régulation
de moyen-long terme, visant à agir sur les comportements, n’ont pas été
mises en place.
La lisibilité des comptes ne s’est pas améliorée significativement en
2001.

Le solde global du régime général en droits constatés résulte notamment,
comme les années précédentes, de divers ajustements comptables :
Réimputations des provisions et des
produits à recevoir (en Md€)
|
|
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
|
Solde comptable de la Commission des comptes de la Sécurité sociale |
– 1,4 |
+ 0,5 |
+ 0,7 |
+ 1,1 |
|
Provisions maladie 1999 |
|
– 0,7 |
+ 0,7 |
|
|
Produits à recevoir sur cotisations 2000 |
|
|
+ 1,1 |
– 1,1 |
|
Produits à recevoir sur cotisations 2001 |
|
|
|
– 0,3 |
|
Solde salariés agricoles CNAVTS |
|
|
+ 0,2 |
– 0,2 |
|
Créance FOREC |
|
|
– 2,2 |
+ 2,2 |
|
Solde recalculé |
– 1,4 |
– 0,2 |
+ 0,5 |
+ 1,7 |
Source : Commission des comptes de la sécurité sociale.
De même, la signification des soldes des différentes branches s’est altérée
en 2001, compte tenu de nombreux reclassements de recettes et de dépenses
effectués entre elles, soit pour redéployer les excédents de la branche
famille vers d’autres branches (transfert à la CNAF de la charge des
majorations de pensions pour enfants à charge représentant, à terme, 3
Md€), soit pour orienter des ressources supplémentaires vers le FOREC
depuis le FSV et la branche maladie.
La Cour souligne, une nouvelle fois, l’urgence de la normalisation
comptable et l’importance de la stabilité des règles de financement
des différentes branches.

L’assiette des cotisations sociales
Principaux constats
De nombreux dispositifs, ayant pour effet de soustraire des revenus de
l’assiette des cotisations sociales, ont été mis en place.
Evaluation des pertes de recettes et des
dépenses fiscales liées aux réductions d’assiette (en Md€)
|
|
Régime général |
Etat |
Autres régimes sociaux |
Total général |
|
Vie en entreprise |
1 225 |
250 |
525 |
2 000 |
|
Participation, intéressement, épargne |
3 104 |
1 076 |
1 200 |
5 380 |
|
Protection complémentaire d’entreprise |
5 765 |
4 610 |
2 423 |
12 798 |
|
Total |
10 094 |
5 936 |
4 148 |
20 178 |
Source : Cour des comptes.
Trois types de dispositifs existent :
• ceux qui sont liés à la vie en entreprise : chèques restaurants, chèques
vacances, indemnités de cessation d’activité (licenciements, préretraites,
retraites) ;
• ceux qui visent à encourager les salariés à épargner : il s’agit
des dispositifs relatifs à la participation, à l’intéressement et à
l’épargne salariale ;
• ceux qui sont liés à la protection complémentaire en entreprise : décès,
invalidité, maladie pour l’essentiel, en complément des régimes légalement
obligatoires de Sécurité sociale.
Ces dispositifs sont très variés par leurs techniques et leurs objectifs.
Ils présentent cependant des caractéristiques communes. Comme ils sont,
pour l’essentiel, facultatifs et mis en place au sein des entreprises,
ils sont par nature inégalitaires, qu’il s’agisse de leur diffusion
(part de la population salariée concernée), de l’ampleur des garanties
qu’ils offrent, du statut de leurs bénéficiaires (cadres ou
non-cadres) ou de leur coût (inégalité dans l’ampleur de la
contribution des entreprises).
Ces dispositifs représentent une part croissante de la rémunération du
travail. L’importance des exonérations consenties explique leur développement,
les entreprises pouvant être conduites à privilégier ces dispositifs
plutôt que le versement d’un salaire soumis à cotisation sociale et
fiscale. Leur développement constitue ainsi une « menace » pour les régimes
de base.
Principales recommandations*
Développer les études sur l’évaluation des mesures d’exonération ou
de soustraction d’assiette (n° 1).
Publier en annexe de la loi de financement de la Sécurité sociale un état
des dispositifs affectant l’assiette des cotisations sociales et de leur
coût (n° 2).
(*) La liste complète des recommandations de la Cour figure à partir de la
page 26.
L’hôpital
Les chiffres clés
Dépenses hospitalières prises en charge par l’assurance-maladie : 53,44
Md€ en 2000, soit 52 % de l’ONDAM.
Emplois dans le secteur hospitalier public et privé (en équivalents temps
plein) :
|
|
Personnel Médical |
Personnel non médical |
Total |
|
|
Soignant |
Autre (1) |
|||
|
Secteur public |
53 010 |
476 372 |
207 789 |
737 171 |
|
Secteur privé |
72 313 (2) |
149 034 |
70 012 |
291 359 |
|
Ensemble |
|
|
|
1 028 530 |
Source : SAE, DHOS.
(1) Personnel de direction, autre personnel administratif, personnels éducatifs
et sociaux, médico-techniques et techniques.
(2) A ce total s’ajoutent 29 102 praticiens libéraux à temps partiel.
Le parc hospitalier français au 1er janvier 2000 :
|
Catégories d’établissements de santé |
Nombre d’établissements dans la catégorie |
|
Etablissements publics de santé |
1 031 |
|
Etablissements privés |
2 024 |
|
dont : |
|
|
Etablissements non lucratifs sous budget global |
660 |
|
Cliniques sous objectif quantifié national |
1 314 |
|
Etablissements à prix de journée |
50 |
|
Total |
3 055 |
Source : SAE, DHOS.
En 2000, les établissements de santé ont pris en charge 22,6 millions de séjours
répartis en 11,9 millions d’hospitalisations à temps complet et 10,7
millions de séjours à temps partiel (c’est-à-dire de moins de 24
heures).

Source : DREES.
Bilan des agences régionales de l’hospitalisation
Principaux constats
La création des ARH a permis :
• l’exercice de la tutelle sur l’ensemble des établissements publics
ou privés par une même autorité ;
• le renforcement de la collaboration entre l’Etat et l’assurance
maladie au plan local ;
• la conduite de certaines opérations de restructuration hospitalière
pour adapter l’offre de soins aux besoins de la population ;
L’allocation de moyens aux hôpitaux est moins aveugle :
• la connaissance de l’activité des établissements de santé a
progressé ;
• la procédure budgétaire a été améliorée et corrige lentement les
disparités entre régions et entre établissements.
Cette dynamique s’est toutefois récemment essoufflée :
• les ARH ont du mal à connaître le détail du fonctionnement et la décomposition
des coûts des établissements de soins ;
• l’administration centrale a tendance depuis peu à empiéter sur les
prérogatives des ARH. Par exemple, elle attribue directement de nombreux
crédits « fléchés » aux ARH, ce qui réduit leur autonomie.
Principales recommandations
Revoir les missions assignées aux services déconcentrés de l’Etat pour
concentrer leur action sur les missions essentielles et développer, au
sein des agences, des compétences spécialisées en matière de contrôle
de gestion, gestion des ressources humaines, organisation et systèmes
d’information hospitaliers (n° 15).
L’accréditation
Principaux constats
L’ordonnance de 1996 a soumis les établissements de santé, publics et
privés, à une procédure d’accréditation. La procédure est conduite
par l’ANAES (Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en
santé).
Des procédures de ce type existent, parfois depuis plus de 50 ans, dans de
nombreux pays voisins.
L’existence de procédures indépendantes d’évaluation de la qualité
des soins répond à des attentes fortes du public, comme le montre le
succès des publications sur ces sujets (« palmarès » des hôpitaux et
cliniques).
La procédure mise en place a été caractérisée par les éléments
suivants qui en limitent la portée :
• l’accréditation est obligatoire et tout établissement est nécessairement
accrédité (avec ou sans réserves) ;
• l’accréditation concerne un établissement dans son ensemble et non
un service ;
• l’accréditation ne porte pas sur la qualité des pratiques cliniques
;
• l’accréditation est sans rapport avec les procédures de
planification, d’autorisation et d’allocation de ressources qui
structurent l’offre de soins.
La montée en charge de l’accréditation a été lente. L’agence a mis
du temps à mettre au point les référentiels nécessaires (manuel
d’accréditation) et à recruter et former les experts-visiteurs
(l’objectif de 650 experts-visiteurs n’est toujours pas atteint). Une
fois les référentiels établis et la procédure définie, l’agence
n’a pas su passer au stade de la mise en œuvre selon un processus
industriel. A fin 2001, seuls 131 établissements ont été accrédités
(sur plus de 3 000). L’agence ne paraît pas en situation de mener les
600 visites par an qui seraient nécessaires pour achever l’accréditation
dans un délai raisonnable.
Sans une impulsion forte des pouvoirs publics, l’accréditation risque de
ne pas se déployer avec l’efficacité souhaitable.
Principales recommandations
Engager dès aujourd’hui la réflexion sur les modalités d’évaluation
de la qualité des soins dans le cadre de l’accréditation (n° 23).
Revoir les procédures internes à l’Agence et la programmation des
visites, afin de permettre une montée en charge plus rapide de la procédure
d’accréditation (n° 24).
Définir une articulation entre les procédures de planification et
d’allocation des moyens et l’accréditation (n° 26).
La restructuration hospitalière
Principaux constats
La carte sanitaire et le schéma d’organisation sanitaire sont des
instruments grossiers, mal articulés entre eux et avec les autres
instruments de planification (autorisations, projets d’établissements...),
insuffisants à identifier et faciliter les restructurations nécessaires.
Ils ne contribuent pas suffisamment à améliorer l’organisation de
l’offre hospitalière.
Le système d’information économique et financier sur l’hôpital est
insuffisant, malgré des progrès récents dans l’utilisation du PMSI.
La connaissance et la mesure des coûts hospitaliers se heurtent à une
certaine opacité entretenue par le développement trop lent de la
comptabilité analytique dans les hôpitaux. Seules quelques études
montrent que ces coûts seraient, dans le secteur public, supérieurs,
pour une même pathologie, de 30 % au moins à ceux des cliniques privées.
La multiplicité des instruments juridiques permettant de mettre en œuvre
la planification et d’accompagner la restructuration masque l’absence
systématique d’études d’impact économique et financier des opérations
conduites. Leur recensement n’est d’ailleurs pas exhaustif.
Globalement, l’offre hospitalière semble s’être légèrement contractée
depuis 1994, si on la mesure par la résorption des excédents de lits
(revenus de 47 700 à moins de 30 000). Mais cette évolution est très
lente et l’indicateur retenu n’a qu’une signification limitée car
la réduction porte souvent sur des lits autorisés non installés.
Les fonds mis en place pour financer les restructurations n’atteignent pas
leur objectif.
Principales recommandations
Revoir l’articulation entre les cartes sanitaires, les SROS, les projets
d’établissement et les contrats d’objectifs et de moyens (n° 28).
Recentrer les fonds sur leur mission d’aide aux recompositions (n° 29).
L’allocation des ressources aux établissements de santé par les ARH
Principaux constats
Au plan national, un système de péréquation a été mis en place pour réduire
progressivement les disparités de moyens entre régions.
Dans le cadre du budget global, les ARH se sont efforcées d’arrêter les
budgets hospitaliers en corrigeant progressivement les disparités entre
établissements de leur région.
Les données issues du PMSI sont utilisées le plus souvent pour mieux tenir
compte de l’activité des établissement
La mise en place des contrats d’objectifs et de moyens permet de dépasser
le cadre budgétaire annuel et de mettre en cohérence la stratégie de
l’établissement définie par le projet d’établissement et la stratégie
budgétaire à moyen terme.
Mais :
La correction des inégalités se fait avec lenteur.
Les redéploiements budgétaires butent notamment sur l’insuffisance des
restructurations.
Le « reporting » des établissements auprès des ARH reste insuffisant.
Les interventions des administrations centrales contrecarrent souvent
l’action des ARH.
L’allocation des moyens reste, dans ses modalités, différente selon
qu’elle concerne un établissement public (dotation globale) ou une
clinique privée (fixation des tarifs dans le cadre de l’OQN).
Principales recommandations
Mettre en place un dispositif de suivi et de contrôle des dépenses des établissements
hospitaliers (n° 31).
Effectuer un bilan final de campagne budgétaire chaque année et procéder
à une évaluation de la politique d’allocation des ressources au niveau
national et au niveau régional, notamment pour mesurer l’impact des
politiques menées sur la stratégie des établissements, du point de vue
de la gestion interne (notamment en matière de ressources humaines) et de
la mise en œuvre des SROS (réorientation des activités, coopération ou
rapprochements avec d’autres établissements) (n° 33).
Déconcentrer davantage la décision budgétaire au niveau des ARH, de manière
à conforter la politique régionale (n° 34).
La participation des assurés aux dépenses hospitalières
Principaux constats
Le ticket modérateur hospitalier et le forfait journalier poursuivent deux
objectifs :
• sensibiliser les assurés sociaux au coût des soins pour éviter un
recours abusif à l’hôpital et contribuer ainsi à la maîtrise des dépenses
d’assurance maladie, pour le ticket modérateur ;
• compenser les « économies » d’hébergement et de nourriture effectuées
par les patients quand ils sont à l’hôpital, pour le forfait
journalier.
Ces objectifs ne sont plus atteints :
• la multiplication des cas d’exonération réduit l’efficacité de
ces dispositifs : 85 % des patients hospitalisés sont exonérés du
ticket modérateur et environ 50 % sont dispensés du forfait journalier ;
• la prise en charge du ticket modérateur et du forfait journalier par
les mutuelles, l’aide sociale ou la CMU réduit encore l’impact de ces
mécanismes.
En revanche, ils créent des inégalités entre catégories de patients :
• pour la minorité de patients qui supportent effectivement le coût du
ticket modérateur et du forfait journalier, cette charge peut être
lourde ;
• les conditions d’exonération peuvent introduire des écarts de prise
en charge selon les soins administrés (par exemple à l’AP-HP, six
jours d’hospitalisation sont facturés 64 € pour une appendicectomie
et 60€ 5 pour des soins médicaux) ;
• des inégalités entre établissements existent également, soit en
raison de différences de prix de journée hospitaliers, qui se répercutent
sur le ticket modérateur, soit en raison de différences d’interprétation
des règles d’exonération.
La grande complexité de ces dispositifs se traduit par un coût de gestion
élevé. A titre d’illustration, les guides d’admission fournis aux
personnels des établissements hospitaliers comportent en général plus
d’une centaine de pages, dont la moitié porte sur les seules questions
du ticket modérateur et du forfait journalier.
Principales recommandations
Prendre l’exacte mesure des conséquences financières et sociales du
ticket modérateur à l’hôpital et du forfait journalier ainsi que de
l’impact de leurs exonérations respectives (n° 38).
Sur la base des résultats de ces évaluations, préparer une réforme du
dispositif actuel, dans le sens de l’équité et de la simplification,
sans renoncer à toute forme de participation des assurés à la dépense
hospitalière (n° 39).
Les dépenses de médicaments des hôpitaux
Principaux constats
Les ventes de médicaments aux hôpitaux ont fortement augmenté : à 3,05
Md€, elles représentent 16 % du chiffre d’affaires de l’industrie
pharmaceutique en France en 2001, contre seulement 12 % dix ans
auparavant. Trois classes de médicaments expliquent l’essentiel des
hausses : les anti-inflammatoires, les anti-infectieux et les anticancéreux.
Cette hausse contribue à la progression des dépenses d’assurance
maladie. Malgré l’attribution aux hôpitaux de crédits fléchés pour
les molécules coûteuses, elle crée de fortes tensions sur les budgets
hospitaliers.
Au plan local, les moyens d’action dont disposent les hôpitaux pour maîtriser
leurs dépenses de médicaments sont limités :
• les procédures d’achat, fondées sur la mise en concurrence des
laboratoires, sont largement inadaptées dans la mesure où les molécules
bénéficiant d’un monopole représentent 80 % des dépenses de médicaments
des hôpitaux ;
• la recherche du bon usage du médicament n’est pas encore assez développée.
Au plan national :
• la connaissance du marché du médicament à l’hôpital est quasi
inexistante ;
• l’évaluation médico-économique des médicaments est insuffisante ;
• la délivrance d’autorisations temporaires d’utilisation (ATU)
permet aux laboratoires d’accéder au marché de l’hôpital en
imposant leurs prix et sans contrôle suffisant du service médical rendu.
Le mécanisme de la « réserve hospitalière » et son corollaire, la rétrocession,
permettent de contourner les règles d’accès au marché des médicaments
:
• En théorie, les médicaments classés dans la « réserve hospitalière
» ne peuvent être prescrits et délivrés qu’à l’hôpital.
• En fait, la rétrocession des médicaments de la réserve à des
patients non hospitalisés est en croissance rapide ; elle représente
aujourd’hui environ 30 % des médicaments achetés par l’hôpital ; ce
mécanisme permet aux laboratoires de contourner les règles de fixation
des prix de leurs spécialités et d’en imposer le coût à
l’assurance maladie.
Principales recommandations
Bâtir le système d’information sur la consommation de médicaments à
l’hôpital dont doivent disposer les pouvoirs publics, l’assurance
maladie et les hôpitaux : accès à des bases de données complètes et
fiables, codage du médicament à l’hôpital, observatoires régionaux
(n° 46).
Développer les compétences d’acheteur au sein des hôpitaux et préconiser
les procédures d’achat adaptées aux particularités du marché
hospitalier (appels d’offres sur performances, négociations en cas de
vrais monopoles, groupements d’achats) (n° 48).
Elaborer et diffuser des référentiels de bon usage et des protocoles thérapeutiques,
notamment pour les produits innovants et coûteux. Diffuser des listes
d’équivalents thérapeutiques (n° 49).
Revenir à la conception classique des ATU (nominatives et gratuites) et
mieux encadrer les ATU de cohorte (n° 51).
Réduire les catégories de médicaments à prescription restreinte, limiter
strictement la réserve hospitalière et le nombre de médicaments concernés
ainsi que la rétrocession qui en découle (n° 52).
Rendre obligatoire pour tous les médicaments, y compris ceux réservés à
l’hôpital, une évaluation par la Commission de la transparence de leur
service médical rendu et de leur amélioration du service médical rendu
(n° 53).
Les agences sanitaires
Chiffres clés
Huit agences sont chargées de mettre en œuvre la politique de veille et de
sécurité sanitaires :
• l’Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI),
fusionné avec l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN)
en 2002 pour former l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
(IRSN) ;
• l’Etablissement français des greffes (EFG) ;
• l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé
(ANAES) ;
• l’Institut de veille sanitaire (InVS) ;
• l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
(AFSSAPS) ;
• l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) ;
• l’Etablissement français du sang (EFS) ;
• l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE).
Le rapport ne traite que des six premières de ces agences. L’EFS fera
l’objet d’une synthèse ultérieure distincte. L’AFSSE a été mise
en place trop récemment (décret de mars 2002) pour être étudiée.
Budget des six agences sanitaires étudiées (budget primitif 2001) : 228,11
M€.
Effectifs budgétaires (2001) : 2 202.
Principaux constats
La loi a confié aux agences sanitaires, dont la création s’est échelonnée
depuis 1993, le soin de mettre en œuvre la politique
de veille et de sécurité sanitaires. Or :
• la montée en charge de ces structures a été lente ;
• des compétences nouvelles leur ont été attribuées avant qu’elles
aient fait la preuve de leur capacité à assumer leurs compétences
initiales (par exemple, pour l’ANAES) ;
• des recoupements existent entre les compétences des différentes
agences.
Les moyens alloués aux agences n’ont pas été mesurés : des budgets en
hausse de 56 % et des effectifs en hausse de 629 agents entre 1998 et
2001.
Toutefois, les défaillances de l’organisation interne des agences ont
contribué à ralentir leur montée en charge :
• le recrutement de personnels d’un fort niveau de technicité a pris du
retard, en raison de la lourdeur des procédures et de l’inadaptation
des statuts ;
• la conduite des projets informatiques s’est avérée défaillante (cas
de l’AFSSAPS, de l’ANAES, de l’EFG et de l’InVS) ;
• les crédits alloués n’ont pas été consommés en totalité,
notamment en raison des problèmes de recrutement et des retards des
projets informatiques ;
• l’attention portée à la définition d’une politique de
communication efficace a été inégale.
Si elles devaient persister, ces faiblesses de gestion pourraient nuire au développement
de la politique de veille et de sécurité sanitaires.
Principales recommandations
Les agences sanitaires doivent renforcer leurs compétences administratives afin de déployer leurs missions dans un cadre juridi