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Des idées pour aider les seniors à sortir de chez eux

Par Rafaële Rivais, Le Monde

30 mars 2010

France 

Colette Sarraille, 85 ans, chemine doucement, en s'appuyant sur sa canne, rue Vergniaud, dans le 13e arrondissement de Paris. Elle aimerait bien se reposer de temps en temps, mais il n'y a pas de bancs : "La mairie les enlève à cause des clochards !", proteste-t-elle. Cette ancienne infirmière a pris sa retraite à 60 ans. Elle vit chez elle, comme 90 % des seniors de plus de 60 ans, et aspire à y rester le plus longtemps possible.

Pourtant, l'univers de Colette s'est "rétréci", il y a trois ans, lorsqu'elle s'est cassé le col du fémur. "Avant, je sortais beaucoup, au cinéma, dans les expositions. Mais depuis l'accident, je ne fais plus rien du tout", soupire-t-elle. Prendre le métro ? Pas question : "Il n'y a pas d'Escalator ou s'il y en a c'est pour monter, alors qu'il est plus difficile de descendre." Le bus ? "Je n'ose plus : on risque de tomber quand le bus démarre car le chauffeur n'attend pas que l'on soit assis. Et si l'on n'est pas assez rapide, on peut se faire coincer dans la porte automatique..." Quant aux taxis, "ils ne m'aident pas à m'asseoir ou à me relever !"

Colette ne marche plus très longtemps, car elle a de petits problèmes cardiaques. Du coup, la retraitée ne se promène plus que dans son quartier, pour faire ses courses, puisqu'elle a "la chance d'y disposer de magasins", et acheter son journal à la boutique du Monde, ce qui lui donne l'occasion de "bavarder avec des gens très gentils".

Nombre d'enquêtes du Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (Certu), qui dépend du gouvernement, montrent que la présence de commerces et de moyens de transport à proximité du lieu de résidence est essentielle pour les personnes âgées. Le premier motif de déplacement des seniors concerne ainsi les achats, selon une étude de 2001. 

Deux chercheurs de l'université de Lyon-III, Pierre-Marie Chapon et Florent Renard, ont même constaté, en 2008, que les trois lieux les plus fréquemment visités sont la boulangerie, le marché et la pharmacie. Ils ont équipé de GPS une quinzaine de dames de 80 ans et plus, vivant seules dans plusieurs quartiers du 8e arrondissement de Lyon, et analysé leurs déplacements sur une semaine. 
Celles qui devaient prendre les transports en commun pour accéder à ces trois types de commerce sortaient moins souvent de leur domicile. Les chercheurs observent que le territoire de vie des personnes âgées n'excède pas 500 mètres.

"Il faudrait que les documents d'urbanisme prennent en compte ces données, et qu'ils installent par exemple les résidences pour personnes âgées à moins de 500 mètres des pôles commerciaux", estime Pierre-Marie Chapon, qui participe à un groupe de travail sur la mobilité et l'urbanisme constitué dans le cadre de la mission "Vivre chez soi" créée par la secrétaire d'Etat aux aînés, Nora Berra, mi-février. 

M. Chapon juge aberrant que, pour l'instant, "un quart des établissements pour personnes âgées ne soient pas desservis par les transports en commun, selon les chiffres du ministère de la santé. Comment les seniors peuvent-ils sortir ou recevoir des visites ?", interroge-t-il.

Le docteur Jean-Pierre Aquino, président de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG), qui dirige le groupe de travail, assure que le rapport qu'il prépare "plaidera pour une meilleure intégration des besoins de mobilité des aînés. Pouvoir sortirde chez soi, se déplacer librement dans la ville, est un facteur essentiel du vivre chez soi", affirme-t-il.

D'autres dispositions sont à prendre, pour favoriser la mobilité des seniors, estime Claude Dumas, directeur du Centre de ressources et d'innovation mobilité handicap (Ceremh), et lui aussi membre du groupe de travail. Il faut "améliorer la voirie", puisque la marche à pied est le mode de déplacement privilégié des seniors, notamment après l'arrêt de la conduite : les rues doivent être assez larges pour accueillir des déambulateurs ou des fauteuils roulants, et comporter des points de repos. 

Il faudrait sans doute aussi "augmenter le nombre de zones limitées à 30 km/h", qui permettraient de limiter les accidents dont les seniors sont victimes : en 2006, 51 % des piétons tués étaient âgés de 65 ans et plus. Parce qu'ils sont plus fragiles, les accidents qui les touchent sont souvent mortels.

Nombre de seniors continuent d'utiliser leur voiture le plus longtemps possible, surtout s'ils vivent à la campagne. Ne sont-ils pas des dangers publics ? Pas du tout, répond l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), après avoir constaté qu'ils sont à l'origine d'un moins grand nombre d'accidents que les autres groupes d'âge, dans un rapport de novembre 2001.
L'OCDE réclame aussi le développement de modes de transports de substitution. "Dans les pays nordiques, les personnes âgées utilisent des scooters à trois ou quatre roues qui roulent à 10 km/h. Pourquoi pas en France ?", s'interroge M. Dumas. Services publics accessibles aux passagers en fauteuil roulant, transports semi-collectifs ou à la demande et services d'accompagnement sont autant de solutions à développer. 


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