Des associations sénégalaises représentant les personnes âgées ont réclamé, jeudi à Dakar, l'ouverture de concertations avec les différentes autorités politiques ainsi que la création d'une administration publique en charge uniquement du "3-ème Age", à l'instar de l'Agence nationale de la case des tout-petits.
"Pas moins de cinq ministères s'occupent séparément des questions nous concernant alors que nous avons besoin d'un unique interlocuteur à qui nous pourrons faire part de nos préoccupations spécifiques", a déclaré Mamadou Moustafa Dieng, le président de la Convention nationale des personnes du 3-ème âge.
M. Dieng qui s'exprimait lors d'une cérémonie de célébration de la journée nationale du 3-ème âge, a fait part de la volonté des associations membres de sa convention de rencontrer, en audience, le président de la République, Abdoulaye Wade, en vue de lui exposer leurs doléances notamment le besoin d'avoir un interlocuteur officiel
disponible.
"Nous souhaitons avoir un interlocuteur, à travers une structure comme la maison des tout-petits", a-t-il indiqué, déplorant ainsi les 300 correspondances qu'il a adressées à différentes autorités sénégalaises et qui sont restées sans réponse de la part desdits responsables qui semblent, selon lui, avoir "oublié" les seniors dans les
politiques.
De son côté, le comédien professionnel Charles Foster, secrétaire général du Collectif des artistes du Sénégal (CARTIS, affilié à la Confédération des syndicats autonomes) s'est plaint de ce sort. "Une fois retraité, le 3-ème âge est un laissé-pour-compte, exclu des centres de décisions malgré les immenses services qu'il a fournis par le passé à la nation".
"Le capital expérience accumulé tout au long d'une longue carrière professionnelle riche et bien remplie est une mine d'or pour nos gouvernants dans leur tâche de construction d'une nation émergente", a ajouté M. Foster qui a, par ailleurs mis en place, la "Synergie des femmes veuves et travailleuses du Sénégal et du 3-ème âge".
L'artiste syndicaliste a annoncé la possibilité d'amener l'Etat et les conseils municipaux, ruraux et régionaux, telle que la mairie de Dakar, "à se concerter avec le 3-ème âge, afin de dégager les voies et moyens de leur participation aux différentes politiques des collectivités locales, eux (les seniors) qui sont en contact permanent avec les
citoyens".
Pour sa part, le président de la Convention nationale des personnes du 3-ème âge a en outre réclamé l'instauration d'une "pension de vieillesse comme le salaire minimum garanti (SMIG)". Il a également demandé la réduction de 50% des tarifs de l'électricité et la gratuité des transports publics pour les personnes âgées comme cela se passe au Mali.
Auparavant un groupe de musique rap et une troupe de théâtre, tous deux regroupant des jeunes du quartier Grand-Yoff à Dakar, se sont produits sur les planches du Théâtre national Daniel Sorano, par des représentations sous forme de scènes de ménages insistant sur les conditions de vie difficiles des personnes âgées dans les foyers sénégalais.
Divers messages ont été delivrés à cet effet, notamment l'appel des jeunes artistes au président Wade, 84 ans, afin qu'il continue de porter un regard attendri sur ses pairs. Selon les artistes, les seniors ont du mal à joindre les deux bouts et tout autant de mal à bénéficier d'une prise en charge médicale parfaite malgré l'existence du Plan Sésame qu'il a instauré pour une gratuité des soins aux plus de 65 ans.
"Si la radiographie est gratuite pour nous, les ordonnances médicales ne le sont pas alors que les médicaments du 3-ème âge coûtent cher", a poursuivi le président de la CNPAS qui a signalé que sur les 700.000 personnes âgées au Sénégal, seul un tiers d'entre elles reçoivent une pension ou allocation de retraite couplée à une couverture médicale gratuite.
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